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23 et 24 mai 2009

Deux jours pour se mettre à jour

dimanche 31 mai 2009, par

On a perdu la faculté de s’étonner, tant on s’habitue à l’inhabituel. Pourtant, quinze élèves qui choisissent de consacrer un week end entier à résorber un retard accumulé, ce n’est pas si fréquent.

le contrat était clair : ce serait un week end monastique et décontracté, mais réservé à ceux qui veulent bosser.

Il ne faut pas beaucoup d’ingrédients : juste un prof, des élèves, des livres, des cours...
Le prof, finalement, dans ce séjour jacotien, il ne fait rien, juste travailler à connecter les volontés (celle du livre, celle de celui qui apprend), mais aussi dissiper les malentendus : tel élève qui apprécie le séjour à l’école mais a décidé que ce serait une villégiature, il faut lui dire de s’écarter. Intéressante cette frustration : "quoi, tu ne vas quand même pas me chasser de l’école !".

Eh si, mon gaillard, puisque l’usage que tu décides d’en faire aujourd’hui n’a rien de laborieux.

Et à tel autre qui soupire "voilà, j’ai bossé tant et plus, maintenant farniente !".

Eh non, l’ami : il y a encore du pain sur la planche.

Et ça cherche tantôt l’ombre tantôt le soleil, ça coopère, ça collecte l’information, ça met en page, et ça rigole...

Les travaux s’accumulent dans la caisse réservée à cet usage.
Tu le croiras si tu veux, lecteur, mais certains élèves ont, en quarante-huit heures très denses, rempli le contrat négligé depuis le début de l’année.

Et le prof n’a qu’à se débrouiller avec cette constatation : ce qu’il a tenté en vain de mobiliser comme énergie pendant près d’une année scolaire, les élèves, parce qu’ils l’ont décidé, en ont joué, en deux jours. Parce qu’ils voulaient bien. Du bénévolat comme celui-là, j’en redemande.

C’est une fête.

Benoit