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	<title>P&#233;riple en la demeure</title>
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		<title>P&#233;riple en la demeure</title>
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		<title>de la tranquillit&#233; de l'&#226;me</title>
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		<description>Toctoc. On n'a plus de choco. Tu traverses la cour. &#171; Tu vas o&#249; ? Je peux venir ? &#187; Toctoc. Je peux venir dire bonjour aux filles ? Tu as de la visite. &#171; Tu viens d'o&#249; ? T'es venu avec quelle voiture ? Tu t'appelles comment ? &#187; Toctoc. &#171; Il n'arr&#234;te pas de m'ennuyer ! &#187; Tu reviens d'ailleurs. On t'ouvre la porte du v&#233;hicule avant que t'aies &#233;teint le moteur. &#171; T'as &#233;t&#233; o&#249; ? Pourquoi t'as pris cette voiture-ci ? &#187;. Toctoc. &#171; Je viens voir le chat &#187;. Toctoc. &#171; Un des v&#244;tres a battu mon fils dans le village. (...)

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&lt;a href="http://www.peripleenlademeure.com/spip.php?rubrique92" rel="directory"&gt;actualit&#233; de la maison deligny&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toctoc. On n'a plus de choco.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tu traverses la cour. &#171; Tu vas o&#249; ? Je peux venir ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toctoc. Je peux venir dire bonjour aux filles ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tu as de la visite. &#171; Tu viens d'o&#249; ? T'es venu avec quelle voiture ? Tu t'appelles comment ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toctoc. &#171; Il n'arr&#234;te pas de m'ennuyer ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tu reviens d'ailleurs. On t'ouvre la porte du v&#233;hicule avant que t'aies &#233;teint le moteur. &#171; T'as &#233;t&#233; o&#249; ? Pourquoi t'as pris cette voiture-ci ? &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toctoc. &#171; Je viens voir le chat &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toctoc. &#171; Un des v&#244;tres a battu mon fils dans le village. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La nuit, le v&#233;hicule part.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dring. &#171; Il y a encore des places ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De temps en temps, il manque de l'argent &#224; quelqu'un.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toctoc. &#171; Voil&#224;, on vous ram&#232;ne, menott&#233;s, ces deux gaillards-l&#224;. Attendez, on va vous faire la morale d'abord. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dring. &#171; Alors, le petit, il se sent bien chez vous ? Alors, alors, alors, il fait bien dodo ? Alors, il prend bien ses m&#233;dicaments, alors ? Alors je viens vous voir vendredi alors ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lettre : &#171; Vous &#234;tes convoqu&#233;s &#224; Marche/Mons/Charleroi pour une r&#233;union inutile. Pr&#233;sence obligatoire. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toctoc. &#171; Je peux faire un tour avec le scooter ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est vrai que la tranquillit&#233; au quotidien, il ne faut pas s'y attendre quand tu fais ce m&#233;tier-l&#224;. Il s'agit d'&#234;tre aux aguets comme un animal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Hier soir, 22 heures :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toc, toc. Bonsoir, police. Vous &#234;tes une institution ? On peut vous d&#233;poser &#231;a ici ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un petit gamin d&#233;boussol&#233;, poursuivi puis captur&#233; dans la ferme proche de sa maison, ouvre les yeux avec difficult&#233;. Il ne sait pas o&#249; il est, ni pourquoi, ni pour combien de temps : d&#233;brouillez-vous avec &#231;a !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ceux qui dirigent ce monde-l&#224; de leurs bureaux, dans leurs uniformes, avec leurs petits r&#232;glements, leur sainte hi&#233;rarchie, leur souci de la responsabilit&#233; (ne pas &#234;tre responsable s'il arrive quelque chose !) il doivent avoir l'&#226;me bien anesth&#233;si&#233;e pour exercer leur m&#233;tier. Et non, non, non, on ne leur souhaite pas de tomber malade, mais on ne voit pas ce que &#231;a pourrait produire d'autre...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>la m&#233;tamorphose</title>
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		<description>Il est tellement bavard qu'il n'est possible ni de l'&#233;couter, ni de ne pas l'entendre. Il parle fort parce qu'il d&#233;cr&#232;te qu'il est sourd. Il se perd dans ses histoires, qu'il encombre de d&#233;tails, qu'il agrandit ensuite pour en faire le sujet de son monologue. Ses r&#233;cits sont des poup&#233;es russes difformes. Il n'y a pas de place pour un interlocuteur, mais il ne peut pas faire sans. On dirait un gamin joyeux, tr&#232;s sociable, mais son univers est peupl&#233; de solitude. Il se l&#232;ve la nuit pour parler au cochon, (...)

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&lt;a href="http://www.peripleenlademeure.com/spip.php?rubrique94" rel="directory"&gt;devenir animal&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est tellement bavard qu'il n'est possible ni de l'&#233;couter, ni de ne pas l'entendre. Il parle fort parce qu'il d&#233;cr&#232;te qu'il est sourd. Il se perd dans ses histoires, qu'il encombre de d&#233;tails, qu'il agrandit ensuite pour en faire le sujet de son monologue. Ses r&#233;cits sont des poup&#233;es russes difformes. Il n'y a pas de place pour un interlocuteur, mais il ne peut pas faire sans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On dirait un gamin joyeux, tr&#232;s sociable, mais son univers est peupl&#233; de solitude. Il se l&#232;ve la nuit pour parler au cochon, ce qui l'emp&#234;che de dormir. Il regagne son lit &#224; l'aube, et dort toute la journ&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Syst&#233;matiquement, il refuse les propositions. Il ne veut pas sortir parce qu'il d&#233;teste la neige, parce qu'il fait trop chaud. Il ne veut plus aller &#224; la piscine parce qu'il faut sortir pour s'y rendre. Il ne veut pas aller &#224; la mer parce que &#231;a lui rappelle un souvenir familial tragique. Il ne veut pas manger parce qu'il n'a pas faim, mais le repas &#224; peine achev&#233;, il rassemble les restes, et se pr&#233;pare un improbable repas, qu'il grignotera dans un coin (1). Il ne veut pas participer &#224; la r&#233;union hebdomadaire parce qu'il doit dormir. Quand tout le monde est au lit, il se r&#233;veille parce qu'il entend du bruit en bas. C'est lui-m&#234;me qu'il entend, puisqu'il y est.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Son histoire se lit comme la M&#233;tamorphose de Kafka. Gregor se r&#233;veille en &#171; monstrueux insecte &#187;. Mais c'est &#224; ce moment pr&#233;cis seulement que la m&#233;tamorphose commence : sa voix se transforme en un piaulement incompr&#233;hensible pour les humains. Il ne supporte plus son plat pr&#233;f&#233;r&#233;, mais il se jette avidement sur les restes qu'on lui apporte. Il commence &#224; grimper aux murs, &#224; marcher au plafond. C'est l&#224;-haut, suspendu, qu'il arrive &#224; penser. Il transforme son territoire, la chambre exig&#252;e, en nid de cafard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gregor meurt, et nous laisse la question : &#171; mais qu'est-ce qui s'est pass&#233; ? &#187;. Deleuze pense que le r&#233;cit de Kafka est une feinte : le devenir-cafard, c'est l'agrandissement jusqu'&#224; l'absurde d'une f&#234;lure &#224; l'int&#233;rieur de soi, agrandissement qui permet de s'immiscer dans la f&#234;lure, pour y dessiner des lignes de fuite, &#233;clater l'image du cafard et fuir. Pour devenir autre chose que cafard, il faut passer par l'&#233;tat de cafard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La m&#233;tamorphose est une r&#233;bellion. C'est un face &#224; face. Dans son cas, il y a cette m&#232;re qui l'a mis &#224; la porte, en faisant le m&#233;nage dans sa famille : il est proclam&#233; ind&#233;sirable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour emp&#234;cher cette transformation inqui&#233;tante, l'institution l'a d&#233;clar&#233; &#171; schizophr&#232;ne &#187;, ce qui tombe bien, puisque &#231;a se soigne avec la chimie et des s&#233;jours en psychiatrie. Nous, on tente de lui proposer des perspectives : un petit boulot, un v&#233;lo, un m&#233;tier &#224; tisser pour occuper ses nuits blanches, un four &#224; pain, un carnet, des d&#233;fis. Il m&#232;nera le devenir-cafard jusqu'au bout, malgr&#233; les propositions, puisqu'il s'agit d'une r&#233;bellion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, personne ne peut &#171; &#234;tre &#187; cafard. C'est le devenir qui est essentiel. Le moment s'annonce o&#249; il convient de briser une m&#233;tamorphose pour en entamer une autre. Proposition de s&#233;jour dans un monast&#232;re, d'une grande marche. Le juge tranche : il n'en a pas besoin. Il avoue ne pas conna&#238;tre le dossier, mais puisqu'il est juge, il sait. Le SPJ aussi, pour les m&#234;mes raisons indiscutables. Nous, qui vivons depuis une demi ann&#233;e avec lui, nous nous trompons, in&#233;vitablement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peu importe : il d&#233;cide de partir. Lors de la r&#233;union avec les omniscients, il postule que le lieu ne lui convient pas : il faut toujours marcher, travailler sans rel&#226;che. Ce sont des fables, mais derri&#232;re le mensonge, il y a une v&#233;rit&#233; : il est temps qu'on se quitte (2).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il abandonne derri&#232;re lui un nid de cafard. Que devient-il ? Va savoir. Mais en rangeant sa chambre d&#233;sert&#233;e, nous trouvons peut-&#234;tre les restes d'un insecte g&#233;ant, les traces d'une m&#233;tamorphose.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p&gt;(1) : le commensalisme (&#233;tymologiquement, compagnie de table), est un type d'association naturelle entre deux &#234;tres vivants dans laquelle l'h&#244;te fournit une partie de sa propre nourriture au commensal. Il n'obtient en revanche aucune contrepartie &#233;vidente de ce dernier, la relation est &#224; b&#233;n&#233;fice non-r&#233;ciproque.
(2) : &#171; une fugue sera toujours pr&#233;f&#233;r&#233;e &#224; une exclusion, m&#234;me si la formule de d&#233;part id&#233;ale se situe entre ces deux extr&#234;mes &#187;. (Maison Deligny, projet p&#233;dagogique, limites)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>le brouet de la sorci&#232;re</title>
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		<description>Il a peut-&#234;tre &#233;t&#233; empoisonn&#233;... Bouche s&#232;che, troubles de la vue, tremblements, douleurs dans les jambes, rigidit&#233; des muscles, fi&#232;vre, syncopes quand il change de position, il ne va pas tr&#232;s bien, le petit qui vient de nous arriver l&#224;. Il s'embrouille dans l'espace et dans le temps. Insomniaque, il a perdu le go&#251;t. Cauchemars, hypertension, obstruction nasale, maux de t&#234;te sont accompagn&#233;s d'une &#233;rection permanente incongrue. Naus&#233;es et vertiges, picotements dans les mains et les pieds, troubles de la (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il a peut-&#234;tre &#233;t&#233; empoisonn&#233;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bouche s&#232;che, troubles de la vue, tremblements, douleurs dans les jambes, rigidit&#233; des muscles, fi&#232;vre, syncopes quand il change de position, il ne va pas tr&#232;s bien, le petit qui vient de nous arriver l&#224;. Il s'embrouille dans l'espace et dans le temps. Insomniaque, il a perdu le go&#251;t. Cauchemars, hypertension, obstruction nasale, maux de t&#234;te sont accompagn&#233;s d'une &#233;rection permanente incongrue. Naus&#233;es et vertiges, picotements dans les mains et les pieds, troubles de la concentration, anxi&#233;t&#233;, douleurs articulaires sont ses compagnons de jeu, et r&#233;tention urinaire, hallucinations, gingivite, &#233;ruptions cutan&#233;es et troubles psychotiques le distraient parfois de ses allergies et des battements irr&#233;guliers de son c&#339;ur. Il s'&#233;tonne de ses l&#232;vres gerc&#233;es, de ses oreilles gonfl&#233;es et purulentes. Comme sa m&#233;moire lui joue des tours, il oublie peut-&#234;tre cet enfer quotidien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais qu'est-ce qui s'est pass&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas un enchanteur fou, une sorci&#232;re d&#233;jant&#233;e qui l'ont empoisonn&#233; avec le venin d'une vip&#232;re d&#233;capit&#233;e sous la lune pleine, ou la bave d'un crapaud m&#233;lang&#233;e au sang d'une chauve-souris. Le tortionnaire a une blouse blanche et se rend, tr&#232;s satisfait de lui, au banquet du Rotary au volant d'une puissante berline. Il jouit d'une excellente r&#233;putation et d'un prestige social ind&#233;niable, et il a pr&#234;t&#233; le serment d'Hipocrate.
Au gamin qui lui a &#233;t&#233; confi&#233;, il a administr&#233; un cocktail de substances brevet&#233;es, approuv&#233;es par l'OMS et rembours&#233;es par la s&#233;curit&#233; sociale : elles s'appellent Etumine, Soframycine, Kemadrin, Catapressan, TrazodoneMylan, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que soignent-elles ? De quelle maladie la gu&#233;rison co&#251;te-t-elle un prix si &#233;lev&#233; ?
On n'en sait rien, mais les troubles du petit r&#233;sultent de leurs effets secondaires. A la proposition de ranger ces drogues &#224; leur place, c'est-&#224;-dire &#224; la poubelle, le petit, qui a l'habitude de toujours dire non, r&#233;pond affirmativement. &#199;a l'int&#233;resse de go&#251;ter &#224; la vie sans chimie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelques jours plus tard, il a retrouv&#233; l'app&#233;tit, le sommeil, et un v&#233;lo. Sa peau, ses l&#232;vres et ses oreilles vont mieux, et au regard des poisons dont il est occup&#233; &#224; se purger, nous rions de nous-m&#234;mes quand nous nous entendons lui rappeler que les cigarettes, qu'il appr&#233;cie un peu trop peut-&#234;tre pour ses treize ans, peuvent nuire &#224; sa sant&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>vendredi 26 avril 2013 : concert &quot;serious beans project&quot;</title>
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		<description>Fl&#226;nant en chantant &#224; travers villes et villages, dansant en jouant pour toutes sortes de visages, notre p&#233;riple musical a commenc&#233; il y a quatre ans. Aujourd'hui, notre univers incarne un d&#233;sir de partager les &#233;motions, les impressions et les sons des chemins que nous avons arpent&#233;s. De la premi&#232;re note jusqu'&#224; la derni&#232;re, vous, spectateur, deviendrez acteur de ce vagabondage musical. Bienvenue dans l'univers des Haricots... S&#233;rieux ! Accord&#233;on, guitares, chant, violon, trompette, percussions et (...)

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&lt;a href="http://www.peripleenlademeure.com/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;Agenda&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fl&#226;nant en chantant &#224; travers villes et villages, dansant en jouant pour toutes sortes de visages, notre p&#233;riple musical a commenc&#233; il y a quatre ans. Aujourd'hui, notre univers incarne un d&#233;sir de partager les &#233;motions, les impressions et les sons des chemins que nous avons arpent&#233;s. De la premi&#232;re note jusqu'&#224; la derni&#232;re, vous, spectateur, deviendrez acteur de ce vagabondage musical. Bienvenue dans l'univers des Haricots... S&#233;rieux !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Accord&#233;on, guitares, chant, violon, trompette, percussions et tutti quanti...
et en primeur, d&#233;couverte de l'album &quot;P&#233;riple&quot;, enregistr&#233; &#224; ... P&#233;riple en la Demeure&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>le peu qu'on a &#224; offrir...</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>Le peu qu'on a &#224; offrir &#224; ces petits-l&#224;, &#224; ces oiseaux tomb&#233;s du nid, &#224; ces bras cass&#233;s, &#224; ces rescap&#233;s des couloirs psychiatriques, &#224; ces apprentis d&#233;linquants, &#224; ces voisins de fortune, ce ne sera pas le confort. L'absence de moyen ne le permet pas plus que la m&#233;fiance qu'il nous inspire. Nos m&#233;thodes et nos vies, quelque peu archa&#239;ques, ne cultivent pas cette douceur &#224; la mode, cette exigence de notre temps, parce qu'elles s'en m&#233;fient. Les inspecteurs peuvent bien se succ&#233;der, et pr&#233;senter ceci ou cela (...)

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&lt;a href="http://www.peripleenlademeure.com/spip.php?rubrique92" rel="directory"&gt;actualit&#233; de la maison deligny&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le peu qu'on a &#224; offrir &#224; ces petits-l&#224;, &#224; ces oiseaux tomb&#233;s du nid, &#224; ces bras cass&#233;s, &#224; ces rescap&#233;s des couloirs psychiatriques, &#224; ces apprentis d&#233;linquants, &#224; ces voisins de fortune, ce ne sera pas le confort. L'absence de moyen ne le permet pas plus que la m&#233;fiance qu'il nous inspire. Nos m&#233;thodes et nos vies, quelque peu archa&#239;ques, ne cultivent pas cette douceur &#224; la mode, cette exigence de notre temps, parce qu'elles s'en m&#233;fient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les inspecteurs peuvent bien se succ&#233;der, et pr&#233;senter ceci ou cela comme prioritaire, comme indispensable, ils n'entretiennent que notre scepticisme. Plut&#244;t la mort que la sant&#233; qu'on nous propose, grin&#231;ait Deleuze. Hygi&#232;ne obsessionnelle, s&#233;curit&#233; paralysante, di&#233;t&#233;tique tyrannique, terreur du risque, peur du lendemain sont d&#233;fendues par une armada de fonctionnaires z&#233;l&#233;s, et n'ont pas besoin de nos soins. Elles prolif&#232;rent, tentaculaires, et rendent le monde invivable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et s'il arrivait quelque chose ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A force de vouloir se pr&#233;munir de tout, on en arrive &#224; imaginer que ce qui se produit, n&#233;cessairement, est n&#233;faste. Le bonheur est dans le vide de l'action, dans l'absence de vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et s'il arrivait quelque chose ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous voudrions que ce soit, pour ces voisins-l&#224;, le spectacle quotidien de l'amiti&#233;, nous n'avons probablement que cela &#224; leur offrir. Mais qu'est-ce que l'amiti&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle est si &#233;troitement li&#233;e &#224; la question de la philosophie que sans elle la philosophie ne serait pas possible, affirme Giorgio Agamben, au point que celle-ci inclut le philos, l'ami, dans son nom m&#234;me. C'est donc naturellement, entre amis, que nous fr&#233;quentons les philosophes, et ouvrant l'&#233;thique &#224; Nicomaque d'Aristote, y lisons que celui qui a beaucoup d'amis n'a pas d'amis, et un peu plus loin, que l'amiti&#233; est l'instance d'un con-sentir l'existence de l'ami dans le sentiment de sa propre existence. L'amiti&#233; est une communaut&#233;, et comme il en est pour soi-m&#234;me, il en va aussi pour l'ami : et tout comme, par rapport &#224; soi, la sensation d'exister est d&#233;sirable, ainsi il en va pour l'ami.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et voil&#224; le programme, dans toute sa nudit&#233;, sa simplicit&#233; rustique. Vivre l'amiti&#233; non pas malgr&#233;, mais au travers de l'inconfort, de la pr&#233;carit&#233;, de l'adversit&#233;, de l'injustice, de l'acharnement des &#171; inspecteurs du bien-&#234;tre conforme et obligatoire &#187;, et en faire le terreau o&#249; cultiver les passions joyeuses. Se r&#233;jouir de tout petits riens, s'amuser de la joie de l'autre, et &#234;tre tour &#224; tour la main de secours, l'oreille confidente, la patience. Partager col&#232;res et d&#233;ceptions, et les recycler en &#233;nergie. Rire de la b&#234;tise du monde. Rep&#233;rer la beaut&#233; partout o&#249; elle s'&#233;panouit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A se frotter &#224; cela, les petits voisins en retiendront au minimum que cela peut exister, et si le c&#339;ur leur dit, ils ont une place &#224; y prendre, un r&#244;le &#224; jouer, un costume &#224; rev&#234;tir. Pas aussi impeccable que celui de l'inspecteur, mais plus chamarr&#233;, et qui ajoutera, en ces temps de grisaille uniforme, &#224; la couleur du monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#224; lire : Giorgio Agamben, l'amiti&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>fragments et miettes</title>
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		<description>Au bout du r&#233;el, il n'y a pas grand'chose &#224; dire. Seuls l'id&#233;alisme, la vision optimiste et la qu&#234;te de l'absolu incitent &#224; la construction totalisante, &#224; la prolixit&#233;, qui vire souvent au bavardage, signe d'anxi&#233;t&#233;. La pens&#233;e mat&#233;rialiste tourne court, happ&#233;e par le fragment, qui est une tentative de captation du r&#233;el, dont on n'arrachera jamais que des bribes et des lambeaux, parce qu'il est lui-m&#234;me discontinu, tout comme nos vies. Montaigne ouvre la voie au XVI&#232;me si&#232;cle, avec les Essais, entreprise (...)

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&lt;a href="http://www.peripleenlademeure.com/spip.php?rubrique92" rel="directory"&gt;actualit&#233; de la maison deligny&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au bout du r&#233;el, il n'y a pas grand'chose &#224; dire. Seuls l'id&#233;alisme, la vision optimiste et la qu&#234;te de l'absolu incitent &#224; la construction totalisante, &#224; la prolixit&#233;, qui vire souvent au bavardage, signe d'anxi&#233;t&#233;. La pens&#233;e mat&#233;rialiste tourne court, happ&#233;e par le fragment, qui est une tentative de captation du r&#233;el, dont on n'arrachera jamais que des bribes et des lambeaux, parce qu'il est lui-m&#234;me discontinu, tout comme nos vies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Montaigne ouvre la voie au XVI&#232;me si&#232;cle, avec les Essais, entreprise morcel&#233;e, &#233;clat&#233;e. Au si&#232;cle suivant, La Bruy&#232;re et La Rochefoucauld inaugurent r&#233;ellement l'&#233;criture par bribes, suivis par Joubert, Chamfort. Nietzsche repr&#233;sente, au XIX&#232;me si&#232;cle, un r&#233;gime d'&#233;criture qui vaut le d&#233;tour : le doute et le pessimisme inclinent au texte &#233;clat&#233;, &#224; la fracture. Schoppenhauer offre une &#339;uvre coup&#233;e en deux : litt&#233;ralement h&#233;t&#233;roclite : d'un c&#244;t&#233; un livre &#233;norme, et &#224; l'autre bout une myriade de petits morceaux. Kierkegaard collectionne les miettes, destin&#233;es &#224; laisser passer deux ou trois lueurs de sens, en une page ou deux. Ce sont des essais au sens strict, des tentations, des d&#233;parts, des parcours sans but fix&#233; &#224; l'avance. Ecrits sans volont&#233; pr&#233;cise, ils dessinent la trace minimale, non appuy&#233;e, d'une m&#233;ditation. Ne se pose ni en amont, ni en aval, la question de leur r&#233;ussite ou de leur originalit&#233;. Ils sont des exercices, et l'important r&#233;side plus dans leur &#233;criture que dans le r&#233;sultat ou la signature. L'&#233;criture de Fernand Deligny op&#232;re en bombe &#224; fragmentation, sur le mode de l'aphorisme, de l'anecdote, du portrait, de la ritournelle, du zig-zag. Elle se fait araign&#233;e tissant une toile obstin&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les modalit&#233;s d'&#233;criture de la miette et du fragment sont elles-m&#234;mes diverses et insaisissables. La d&#233;rive laisse aller le texte comme &#224; vau-l'eau, &#224; partir d'un courant apport&#233; par un &#233;l&#233;ment germinateur, non analys&#233;, qui se pr&#234;te &#224; des expansions, des variations, des d&#233;voiements. Le d&#233;pli part d'un mot, que l'on ouvre sous toute ses facettes. L'excursion, &#224; l'image de la mouche et de ses trajets sinueux, se d&#233;place autour de quelques miettes, et son trajet, qui n'est pas forc&#233;ment h&#233;sitant, exprime la patience, l'obstination, la n&#233;cessit&#233; de l'indirect. La variation part d'un &#233;nonc&#233; opaque, ou du moins dont le sens para&#238;t incertain, et offre un pluriel de sens plut&#244;t qu'une signification close. Le contraste joue sur les oppositions &#224; l'int&#233;rieur d'un paradigme, introduit dans le langage la possibilit&#233; d'une logique autre, incluant par exemple la contradiction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout fragment doit bien s'achever, d'une fa&#231;on ou d'une autre, et rejoindre le silence. Le risque rh&#233;torique est plus grand dans la clausule que dans l'amorce du texte. Mais en faisant prolif&#233;rer les fragments, on multiplie les fins et par l&#224; m&#234;me on les banalise. Le texte peut s'&#233;teindre doucement, sans &#233;clat, sans h&#233;ro&#239;sme : pas de sortie claironnante, pas de conclusion d&#233;finitive, pas de morale. Tout au plus une pirouette pensive en guise de chute. Dans le vocabulaire du vin, on appelle &#171; d&#233;boire &#187; le go&#251;t d&#233;sagr&#233;able qu'une boisson laisse dans la bouche. Pareillement, il faudrait inventer quelques mots, pas uniquement p&#233;joratifs, pour d&#233;signer la trace r&#233;manente que laisse dans l'esprit la lecture d'un fragment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La s&#233;paration des fragments oriente la lecture, elle la d&#233;termine en invitant, parodoxalement, &#224; aller plus loin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ces illustres pr&#233;c&#233;dents et ces distinctions stylistiques ne sont pas indispensables pour pratiquer ce mode mineur de la pens&#233;e philosophique. Il suffit d'une approche en amateur attentif, d'un bout de papier et d'un peu d'encre. C'est le ton que nous avons choisi de donner &#224; ce second volume des carnets de la Maison Deligny, au printemps 2013.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;ce texte est largement inspir&#233; de Duchesne et Leguay, les petits papiers, Magnard, 1991&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>samedi 30 mars 2013 : atelier philo Nietzsche</title>
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		<dc:date>2013-03-26T21:42:08Z</dc:date>
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		<description>On ne fait pas le tour de Nietzsche en une soir&#233;e, bien s&#251;r, alors on le joue, ce samedi 30 mai, fa&#231;on auberge espagnole. Chacun vient avec ce qu'il a picor&#233;, de la naissance de la trag&#233;die &#224; Zarathoustra, en passant par le gai savoir et autres d&#233;tours. Un paragraphe, un aphorisme, ou un fragment plus cons&#233;quent, dont la lecture ou le commentaire alimentent la conversation. &#231;a durera ce que &#231;a durera, on verra bien, mais le d&#233;but, c'est aux environs de 17 (...)

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&lt;a href="http://www.peripleenlademeure.com/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;Agenda&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On ne fait pas le tour de Nietzsche en une soir&#233;e, bien s&#251;r, alors on le joue, ce samedi 30 mai, fa&#231;on auberge espagnole.
Chacun vient avec ce qu'il a picor&#233;, de la naissance de la trag&#233;die &#224; Zarathoustra, en passant par le gai savoir et autres d&#233;tours. Un paragraphe, un aphorisme, ou un fragment plus cons&#233;quent, dont la lecture ou le commentaire alimentent la conversation.
&#231;a durera ce que &#231;a durera, on verra bien, mais le d&#233;but, c'est aux environs de 17 heures&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>le bonheur des petits poissons</title>
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		<dc:date>2013-03-25T12:17:20Z</dc:date>
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		<description>Zhuang Zi et le logicien Hui Zi se promenaient sur le pont de la rivi&#232;re Hao. Zhuang Zi observa : &quot;voyez les petits poissons qui fr&#233;tillent, agiles et libres : comme ils sont heureux !&quot;. Hui Zi objecta : &quot;vous n'&#234;tes pas un poisson ; d'o&#249; tenez-vous que les poissons sont heureux ?&quot;. Vous n'&#234;tes pas moi, comment pouvez-vous savoir ce que je sais du bonheur des poissons ? Je vous accorde que je ne suis pas vous et, d&#232;s lors, ne puis savoir ce que vous savez. Mais comme vous n'&#234;tes pas un poisson, (...)

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&lt;a href="http://www.peripleenlademeure.com/spip.php?rubrique94" rel="directory"&gt;devenir animal&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Zhuang Zi et le logicien Hui Zi se promenaient sur le pont de la rivi&#232;re Hao. Zhuang Zi observa : &quot;voyez les petits poissons qui fr&#233;tillent, agiles et libres : comme ils sont heureux !&quot;.
Hui Zi objecta : &quot;vous n'&#234;tes pas un poisson ; d'o&#249; tenez-vous que les poissons sont heureux ?&quot;.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.peripleenlademeure.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Vous n'&#234;tes pas moi, comment pouvez-vous savoir ce que je sais du bonheur des poissons ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.peripleenlademeure.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Je vous accorde que je ne suis pas vous et, d&#232;s lors, ne puis savoir ce que vous savez. Mais comme vous n'&#234;tes pas un poisson, vous ne pouvez savoir si les poissons sont heureux.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.peripleenlademeure.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Reprenons les choses par le commencement, r&#233;torqua Zhuang Zi, quand vous m'avez demand&#233; &quot;d'o&#249; tenez-vous que les poissons sont heureux&quot; la forme m&#234;me de votre question impliquait que vous saviez que je le sais. Mais maintenant, si vous voulez savoir d'o&#249; je le sais, eh bien, je le sais du haut du pont&quot;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Poss&#232;de-toi toi-m&#234;me</title>
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		<dc:date>2013-03-17T17:47:02Z</dc:date>
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		<description>Ma petite a de l'ecz&#233;ma. Maladie &#233;trangement banale. Dysfonctionnement. Grattages intempestifs. Insupportables. Infernaux. Rendez-vous chez des sp&#233;cialistes. Cortisone. Antihistaminique. Non, c'est psychologique. G&#233;lules hom&#233;opathiques. Trois fois par jour. Comment s'est pass&#233;e la grossesse ? Les sp&#233;cialistes ont l'art de ne pas &#234;tre artistes. Protocole. Discours m&#233;dical formalis&#233;. Ils vous poss&#232;dent : c'est leur business. Prescriptions. Honoraires. &#199;a roule, au suivant. Aucun ne vous dira : je ne sais (...)

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&lt;a href="http://www.peripleenlademeure.com/spip.php?rubrique92" rel="directory"&gt;actualit&#233; de la maison deligny&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma petite a de l'ecz&#233;ma. Maladie &#233;trangement banale. Dysfonctionnement. Grattages intempestifs. Insupportables. Infernaux. Rendez-vous chez des sp&#233;cialistes. Cortisone. Antihistaminique. Non, c'est psychologique. G&#233;lules hom&#233;opathiques. Trois fois par jour. Comment s'est pass&#233;e la grossesse ? Les sp&#233;cialistes ont l'art de ne pas &#234;tre artistes. Protocole. Discours m&#233;dical formalis&#233;. Ils vous poss&#232;dent : c'est leur business. Prescriptions. Honoraires. &#199;a roule, au suivant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aucun ne vous dira : je ne sais pas. Evidemment, je ne consulte pas des sp&#233;cialistes pour qu'ils me disent qu'ils ne savent pas. D'abord, je vais les consulter parce que voir ma petite se gratter comme &#231;a, &#231;a me rend malade. On ne sait jamais qu'un docteur puisse m'aider. Je ne voudrais pas passer &#224; c&#244;t&#233;. Mais plus ils sont s&#251;rs d'eux, moins je suis rassur&#233;e. Pour qu'un sp&#233;cialiste ait ma confiance, il faudrait qu'il me dise : l'ecz&#233;ma de votre petite, c'est un cas particulier, comme tous les cas d'ecz&#233;ma. Chacun son ecz&#233;ma. Je ne peux pas vous aider mais je veux bien essayer. Comment voulez-vous vous y prendre ? Ce sp&#233;cialiste-l&#224; n'existe pas. Ou plut&#244;t c'est un non-sp&#233;cialiste. &#199;a pourrait-&#234;tre n'importe qui. Y compris moi-m&#234;me, si je trouvais en moi la confiance n&#233;cessaire pour soigner comme je peux ma petite. J'ai cru qu'un sp&#233;cialiste pourrait m'aider parce que j'ai d'abord pens&#233; que les sp&#233;cialistes &#233;taient les seuls &#224; &#234;tre dispos&#233;s &#224; partager la souffrance. Du fait qu'ils existent, c'est comme s'ils annulaient la possibilit&#233; que d'autres puissent aider les &#171; malades &#187;. En fait, ils rendent la maladie plus visible, plus efficace, plus cruelle. Ils la font exister. C'est pour &#231;a qu'ils existent. Et pour peu que vous rentriez dans le jeu, que vous suiviez la prescription, votre maladie ne vous appartient plus. Elle appartient &#224; ceux qui l'ont diagnostiqu&#233;e. Le traitement fait partie du diagnostic. L'hypertension art&#233;rielle existe depuis qu'on a invent&#233; le m&#233;dicament qui la traite. Sans cela, on ne vous aurait jamais diagnostiqu&#233; une hypertension art&#233;rielle, &#224; quoi bon ? Je m'excuse aupr&#232;s des sp&#233;cialistes si l'exemple est mal choisi, mais il me semble que le raisonnement tient la route.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et vaut pour tous les dysfonctionnements. Violence ? Schizophr&#233;nie ? Hyperactivit&#233; ? Maladies &#233;trangement banales. Irruptions intempestives. Insupportables. Infernales. Sp&#233;cialistes. Institutions. Prescriptions. Comment s'est pass&#233;e l'enfance ? Discours autoritaire, bienpensant, formalis&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils les poss&#232;dent : c'est leur business.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>la s&#233;curit&#233; qu'on nous propose...</title>
		<link>http://www.peripleenlademeure.com/spip.php?article399</link>
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		<dc:date>2013-03-11T12:10:47Z</dc:date>
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		<description>Il marche, parce que c'est bon. De retour d'Orval, o&#249; les moines l'ont accueilli une semaine, il revient &#224; pied, tranquille. C'est ainsi que c'&#233;tait convenu. Les policiers, qui veillent, le rep&#232;rent sur le c&#244;t&#233; de la route, et le prennent en charge. En le ramenant, bienveillants, ils le privent de ce retour lent. Ils argumentent : on ne laisse pas un jeune ainsi. Ils ne nous confieraient pas leurs enfants. Ils incriminent, reprochent, critiquent. Les propos, in&#233;vitablement autoritaires, tombent &#224; (...)

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&lt;a href="http://www.peripleenlademeure.com/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;marcher&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il marche, parce que c'est bon. De retour d'Orval, o&#249; les moines l'ont accueilli une semaine, il revient &#224; pied, tranquille. C'est ainsi que c'&#233;tait convenu. Les policiers, qui veillent, le rep&#232;rent sur le c&#244;t&#233; de la route, et le prennent en charge. En le ramenant, bienveillants, ils le privent de ce retour lent. Ils argumentent : on ne laisse pas un jeune ainsi. Ils ne nous confieraient pas leurs enfants. Ils incriminent, reprochent, critiquent. Les propos, in&#233;vitablement autoritaires, tombent &#224; plat, ne rebondissent pas, ce sont des paroles vaines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet autre, il a d&#233;cid&#233; de quitter plus t&#244;t que pr&#233;vu la piscine, et prend la route, &#224; pied. Il connait le chemin et n'ignore pas qu'on le croisera. Il devine aussi les f&#233;licitations, et sa joie est anticip&#233;e : c'est bien, petit, tu n'es pas demeur&#233; passif, &#224; attendre. Tu t'es mis en route.
Mais une m&#232;re de famille, attentive, veille. Elle le rep&#232;re sur le c&#244;t&#233; de la route, et le prend en charge. Elle le prive de ce retour en autonomie. En le ramenant, bienveillante, elle n'&#233;pargne pas ses reproches : laisser un petit marcher ainsi, c'est dangereux, il pouvait arriver quelque chose. Elle est v&#233;h&#233;mente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, il est bien arriv&#233; quelque chose : elle a &#233;t&#233; touch&#233;e, et inqui&#232;te, s'est immisc&#233;e. L'intention, dont l'enfer est pav&#233;, est bonne. Voil&#224;, c'est tout. Mais non, elle insiste, puis part, &#233;nerv&#233;e : il n'y a pas moyen de parler avec nous. Et s'il se passait quelque chose ! On ne laisse pas un gamin marcher ainsi. Nous restons un peu dubitatifs : dans l'histoire de l'humanit&#233;, les enfants, comme les adultes, ont toujours march&#233;. Derri&#232;re une ch&#232;vre ou une vache, sur le chemin de l'&#233;cole, pour porter une galette et un pot de beurre &#224; une grand-m&#232;re malade et &#233;loign&#233;e. Et voil&#224; que les loups et les ogres des contes de f&#233;es continuent &#224; terroriser, inhiber, justifier tous les maternages excessifs, les emprises sur les corps et les esprits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voyons voir&#8230; c'est justement &#231;a qu'on tente de favoriser : laisser la place pour qu'advienne quelque chose. Une rencontre, une exp&#233;rience, une ouverture. Les esprits chagrins, inquiets, Cassandres incorrigibles, supposent que ce qui surviendra sera n&#233;faste. Nous faisons le pari que ce sera moins sombre que ce qui s'est produit jusqu'ici dans la vie de ces gamins, et le pari est l&#224;, pr&#233;cis&#233;ment : miser sur les probabilit&#233;s pour reconstruire une provision d'optimisme et de confiance, en soi et dans les autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Evidemment le risque n'est jamais absent de la vie. Se lever le matin, se mettre en chemin, sont des op&#233;rations risqu&#233;es. Mais une vie sans risque n'est pas une vie, contrairement &#224; ce qu'on voudrait nous faire croire, c'est de la mort anticip&#233;e. Celle de l'impr&#233;vu, de la surprise, de la joie. C'est le triomphe du pessimisme, de la peur, de l'inqui&#233;tude, et de toutes ces passions tristes qui font de la vie une punition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plut&#244;t la mort que la sant&#233; qu'on nous propose, r&#233;p&#233;tait un ami qui a v&#233;cu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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