Bonjour Eric,
Merci pour ce message. Nous ne nous prenons pas pour des pédagogues géniaux, mais nous respectons à la lettre un principe : les êtres humains naissent libres et égaux en droit, et jusqu’à nouvel ordre, un élève est un être humain. Tout découle de là.
Quant à la diffusion de ces pratiques, nous devons constater que nous sommes relativement inaudibles du côté des décideurs à l’heure actuelle. Le dialogue avec les acteurs de l’éducation en général, en Belgique ou à l’étranger est très riche, on visite ou invite PN régulièrement.
Quant à la note chiffrée, l’analyse peut être vite faite : elle entretient une confusion entre but et les moyens, entre la finalité et la méthode. Le but est d’apprendre, les points sont une des méthodes possibles pour stimuler l’apprentissage. Et que se produit-il, le plus souvent ? L’élève élabore sa stratégie, en bon comptable, pour obtenir les points, puis le diplôme. Et le savoir ? Dans le meilleur des cas, il est acquis, mais on le sait, ce n’est pas toujours vrai.
Jetons un coup d’oeil sur les objectifs du décret missions : on n’y parle ni de points ni de diplôme mais bien d’émancipation, de citoyenneté active. Il ne s’agit pas d’évacuer le diplôme mais, pensons-nous, de travailler de sorte qu’il soit l’effet de l’apprentissage, une de ses conséquences, et non pas son substitut. Cela n’a rien d’original et nous considérons que beaucoup d’enseignants pensent et travaillent comme ça. Le problème, c’est que les règles en usage et certaines mentalités contrarient cette vision de l’enseignement.
Ajoutons que l’organisation ultra hiérarchisée de l’enseignement ne favorise pas vraiment une réflexion de fond sur ce que l’école devrait tendre à devenir : un lieu d’épanouissement pour tous ses acteurs.