Accueil > Maison Deligny > actualité de la maison deligny > de la tranquillité de l’âme

de la tranquillité de l’âme

jeudi 2 mai 2013

Toctoc. On n’a plus de choco.

Tu traverses la cour. « Tu vas où ? Je peux venir ? »

Toctoc. Je peux venir dire bonjour aux filles ?

Tu as de la visite. « Tu viens d’où ? T’es venu avec quelle voiture ? Tu t’appelles comment ? »

Toctoc. « Il n’arrête pas de m’ennuyer ! »

Tu reviens d’ailleurs. On t’ouvre la porte du véhicule avant que t’aies éteint le moteur. « T’as été où ? Pourquoi t’as pris cette voiture-ci ? ».

Toctoc. « Je viens voir le chat ».

Toctoc. « Un des vôtres a battu mon fils dans le village. »

La nuit, le véhicule part.

Dring. « Il y a encore des places ? »

De temps en temps, il manque de l’argent à quelqu’un.

Toctoc. « Voilà, on vous ramène, menottés, ces deux gaillards-là. Attendez, on va vous faire la morale d’abord. »

Dring. « Alors, le petit, il se sent bien chez vous ? Alors, alors, alors, il fait bien dodo ? Alors, il prend bien ses médicaments, alors ? Alors je viens vous voir vendredi alors ? »

Lettre : « Vous êtes convoqués à Marche/Mons/Charleroi pour une réunion inutile. Présence obligatoire. »

Toctoc. « Je peux faire un tour avec le scooter ? »

Il est vrai que la tranquillité au quotidien, il ne faut pas s’y attendre quand tu fais ce métier-là. Il s’agit d’être aux aguets comme un animal.

Hier soir, 22 heures :

Toc, toc. Bonsoir, police. Vous êtes une institution ? On peut vous déposer ça ici ?

Un petit gamin déboussolé, poursuivi puis capturé dans la ferme proche de sa maison, ouvre les yeux avec difficulté. Il ne sait pas où il est, ni pourquoi, ni pour combien de temps : débrouillez-vous avec ça !

Mais ceux qui dirigent ce monde-là de leurs bureaux, dans leurs uniformes, avec leurs petits règlements, leur sainte hiérarchie, leur souci de la responsabilité (ne pas être responsable s’il arrive quelque chose !) il doivent avoir l’âme bien anesthésiée pour exercer leur métier. Et non, non, non, on ne leur souhaite pas de tomber malade, mais on ne voit pas ce que ça pourrait produire d’autre...