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La littérature aphoristique

jeudi 25 octobre 2007, par Antoine Janvier

La littérature aphoristique réussit l’exploit de concentrer un maximum de sens en un minimum de mots, souvent au prix d’une rigueur syntaxique et d’une précision lexicale sans concession. Au gré de nos trouvailles, nous allons tenter de regrouper ici des citations qui semblent avoir été écrites, il y a parfois bien longtemps, à l’intention de "Périple en la Demeure". N’hésite pas, cher lecteur, à participer à la cueillette et nous en livrer les fruits...

Par exemple, Joubert, XVIIIème siècle :

Faire d’avance un plan exact et détaillé c’est ôter à son esprit tous les plaisirs de la rencontre et de la nouveauté dans l’exécution de l’ouvrage. C’est se rendre à soi-même cette exécution insipide et par conséquent impossible dans les ouvrages dépendant de l’enthousiasme et de l’imagination. Un pareil plan est lui-même un demi-ouvrage. Il faut le laisser imparfait si l’on veut se plaire.

2007 vient cent ans après la naissance d’un géant : René Char. Quelques citations pour se rendre compte qu’il est proche.

Impose ta chance, serre ton bonheur, va vers ton risque, à te regarder, ils s’habitueront.

Agir en primitif et prévoir en stratège

Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience.

Il y a deux conduites avec la vie : ou on la rêve ou on l’accomplit.

L’impossible, nous ne l’atteignons pas, mais il nous sert de lanterne.

Les routes qui ne disent pas le pays de leur destination sont les routes aimées.

Imite le moins possible les hommes dans leur énigmatique maladie de faire les noeuds.

Tiens vis à vis des autres ce que tu t’es promis à toi seul. Là est ton contrat.

L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant.

Nietzsche indique la direction à suivre :
Ce que vous appelez monde, il faut commencer par le créer : votre raison, votre imagination, votre volonté, votre amour, doivent devenir ce monde.

Blaise Pascal : la multitude qui ne se réduit pas à l’unité est confusion ; l’unité qui ne dépend pas de la multitude est tyrannie.

Radiguet : l’insouciance ne s’improvise pas

Plus près de nous, géographiquement et chronologiquement, Raoul Vaneigem n’y va pas par quatre chemins :

Que des individus ne succombent plus au désespoir de se retrouver seuls à défendre l’humain parmi les hordes barbares... voilà qui laisse augurer de mesures propices à éveiller chez l’enfant un sens critique capable de préserver ses émerveillements contre l’amer désenchantement d’un monde gouverné par la ruse et la duperie.